La terreur règne dans plusieurs communes de Kinshasa après la reprise des attaques des « Kulunas ». Ces criminels amputent des membres, tuent, extorquent et volent des biens, de jour comme de nuit. Les autorités assurent que la situation est sous contrôle, mais la société civile s’inquiète de l’augmentation du nombre de cas. Les députés dénoncent un vide sécuritaire dans la capitale.

Le dernier cas d’attaque des « Kulunas » est celui d’un policier tué à la machette le week-end du 24 au 25 septembre dans la commune de Kimbanseke, la plus peuplée des 24 communes de la capitale Kinshasa. Le député provincial Erick Bukula est en colère :

« La police n’arrive plus à endiguer le phénomène. Il y a des « Kulunas » qui tirent sur telle ou telle personne, leur coupent la main ou la tête et blessent même des policiers. Ils sont devenus une sorte de milice pour régler des comptes ».

Selon lui, la police est confrontée à plusieurs problèmes, dont le faible effectif, mais pas seulement : « Dans plusieurs communes, comme celle de Limete qui compte 14 quartiers, vous serez étonnés d’apprendre qu’il y a moins de quatre sous-commissariats. Dans ces commissariats, vous ne trouverez que trois ou quatre policiers, ou un seul qui a une arme à feu. Il y a donc un problème d’effectifs, d’équipement et de recrutement de policiers. Le gouvernement national devrait financer la police de Kinshasa en termes de sécurité ».
Le chef de la police de Kinshasa, Sylvano Kasongo, assure que la situation est sous contrôle grâce au bouclage et aux patrouilles de routine. Il attend toutefois une plus grande coopération :

« Nous ne sommes pas débordés ou dépassés. Il y a des mesures que nous allons prendre pour endiguer le phénomène. La difficulté réside dans la coopération de la population, car ces « kulunas » ne sont pas des extraterrestres. Ils vivent dans des maisons, sur des parcelles, ils ont des parents, etc. J’appelle la population à toujours collaborer pour incriminer les « Kulunas », afin que ces personnes puissent être condamnées par la justice. Nous avons installé des boîtes aux lettres anonymes dans chaque commune pour que la population se sente à l’aise lorsqu’elle vient porter plainte ».

Des milliers de « kulunas » ont été arrêtés par la police depuis le début de l’année. Certains ont été envoyés au service national pour être rééduqués, tandis que d’autres ont été traduits en justice.