L' »African Minimally Invasive Surgery Institute », un centre de chirurgie mini-invasive, sera inauguré mercredi à l’hôpital Panzi de Bukavu, la capitale de la province du Sud-Kivu (à l’est de la République démocratique du Congo). C’est ce qu’ont annoncé lundi le médecin congolais Denis Mukwege et le médecin belge Guy-Bernard Cadière. L’hôpital général de Panzi, fondé par le professeur Mukwege, est spécialisé dans l’accueil des victimes de violences sexuelles dans l’est de la République démocratique du Congo. En moyenne, dix femmes ayant survécu à des violences sexuelles viennent chaque jour en consultation.

Restaurer l’appareil génital en surface est relativement facile pour le professeur Mukwege, mais si la blessure est plus profonde, il doit ouvrir l’abdomen, ce qui est dangereux pour la patiente.

Il s’est rendu en Belgique pour visiter le service de chirurgie digestive du professeur Cadière, spécialisé dans les techniques chirurgicales mini-invasives, notamment la laparoscopie. Cette technique consiste à introduire une caméra et quelques instruments par des incisions de 5 ou 10 millimètres, ce qui permet au chirurgien d’opérer dans la cavité abdominale et de contrôler ses gestes via un écran de télévision. La laparoscopie permet d’éviter une grande incision et de réduire drastiquement le risque d’infection qui y est associé.

Le professeur Mukwege a été très enthousiaste à l’idée d’utiliser cette technique dans son hôpital et a constitué une équipe de chirurgiens, d’anesthésistes et d’instrumentistes.

La collaboration entre le professeur Mukwege et Cadière, qui est médecin-chef à l’hôpital universitaire Saint-Pierre de Bruxelles, a débuté en 2012. En dix ans, ils ont réalisé 27 interventions et 1.800 interventions mini-invasives. Ils ont également formé des chirurgiens et développé des techniques de pointe dans ce domaine.

Après dix ans de collaboration, ils ont décidé de construire un bâtiment dédié à la pratique et à l’enseignement de la chirurgie mini-invasive. Cet « African Minimally Invasive Surgery Institute » sera équipé d’outils de travail ultramodernes. Ce centre sera une référence dans ce domaine pour la RDC et l’ensemble du continent africain.

Le Pr Mukwege, surnommé « l’homme qui répare les femmes » – titre du film que le cinéaste belge Thierry Michel a réalisé sur lui -, a reçu de nombreuses distinctions pour son engagement contre les mutilations génitales féminines en RDC, dont le prix Nobel de la paix en 2018.

Ces mutilations sont commises par des groupes armés qui sévissent depuis 20 ans dans l’est de la RDC et dévastent des villages. Leurs membres utilisent le viol comme arme de destruction massive pour terroriser la population et la réduire en esclavage.

La région est très convoitée car elle constitue l’une des plus grandes réserves de minerais précieux au monde, dont le coltan, nécessaire à la fabrication de nos téléphones portables, mais aussi l’or et les diamants. (Source : www.afrique.lalibre.be)